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Parce qu'on ne peut définitivement pas rester sur une ligne droite

Vendredi 14 septembre 2007 à 18:14

Je me lève, c'en est trop.
"Hey! On est pas encore arrivés hein"
Elle me sourit à s'en décrocher la mâchoire. Je la soupçonne d'avoir plus de 32 dents. Rectification, elle se fout de ma gueule. Voilà bientôt  20 minutes que ca s'agite dans tout les sens, que ca hurle comme une deumeurée avec ses 4 copines tout aussi givrées, ca écoute de la musique nulle, trop forte, avec autant de qualité qu'un téléphone portable peut en donner, ca bouffe trois tonnes de produits chimiques aromatisés aux sucres en brayant des 'salopes', 'pétasse', en riant de son absurdité, ca fait  20minutes que ca m'emmerde, et là, ca se fout de ma gueule... Surtout, prendre un air détaché, ne pas m'énerver.
"Oh, je le sais bien, c'est d'ailleurs mon plus grand chagrin en ce moment même, simplement j'ai l'impression de m'être trompé de véhicule. De ma montée du train à Vierzon, plongée dans mon livre, je ne me suis pas aperçue de ma méprise, je croyais avoir pris un train voyageur mais maintenant que je suis logée à quelques mètres d'une demi-douzaines de génisses beuglantes, un doute me ronge."
"Qu'est qu'elle dit l'autre? Et va t'faire pétasse mal baisée!"
Je lâche doucement ma valise. Je m'approche d'elle, toujours plus. Mon front se trouve maintenant à quelques millimètres du siens, je sens son haleine Tagada fraise, ca me fout la gerbe mais j'me marre à l'idée qu'elle se tape mon mélange café-froid Malboro light. Elle a un mouvement de recul, vite arrêté par le dossier du siège.
"Apprennez, mademoiselle, qu'on ne me baise pas, moi, on me prend dans ses bras en me murmurant je t'aime, on me carresse avec le dos de la main, toujours dans le sens du poil, on me pénètre en tremblant et on éjacule en moi avec une larme à l'oeil, suite à quoi on s'endors dans mes bras avec un avenir heureux à m'offrir. Comprenez mademoiselle, que la jouissance possède des visages bien plus subtile que les cris de truie asthmatique que vous poussez avec vos camarades depuis assez longtemps pour faire bander mon voisin de gauche, si, si regardez, celui qui porte un chapeau, la soixantaine bien tassée."
Je m'écarte pour lui laisser le plaisir de tenter de constater mon invention et savoure quelques instants mon effet. Elle est aussi cramoisie que sa mini-jupe et manque encore de quelques secondes avant de pouvoir devenir vulgaire. C'est donc le moment que je choisis pour me réarmer de ma valise et quitter ce triste wagon pour réfugier mon petit cul de célibataire endurcie, plus par obligation que par envie, loin de cette poussée d'homorne ravageuse. Il me reste 3minutes37 de voyage. C'est trop peu pour me réinventer toute une histoire, mais assez pour quelques larmes.
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